6 initiatives pour les élèves vivant avec une déficience intellectuelle

Favoriser la réussite éducative de chaque élève est une priorité de tous les instants pour le personnel du Centre de services scolaire des Rives-du-Saguenay et un souci particulier est apporté à l’inclusion et aux services offerts pour les élèves qui vivent avec une déficience intellectuelle. Une équipe, formée de professionnel(le)s, d’enseignant(e)s et du personnel de soutien qui mettent leur savoir-faire en commun, s’assure de mettre en place les meilleures conditions d’apprentissage pour ces élèves aux besoins particuliers. Chaque milieu adapté est aussi accompagné par une équipe de professionnel(le)s des Services éducatifs jeunes.

Il est primordial pour l’organisation de soutenir ces élèves de la maternelle à l’âge adulte et d’offrir à chacun un parcours scolaire qui répond au mieux à leurs besoins et caractéristiques. L’objectif premier est toujours de prioriser l’intégration dans une classe régulière, puisque ces jeunes ont un grand besoin de stimulation et qu’ils s’enrichissent beaucoup des interactions avec les autres élèves. Un soutien spécialisé est fourni afin que cette intégration soit une réussite. Lorsque cette possibilité n’est pas envisageable, le centre de services doit réfléchir aux meilleures façons d’offrir aux jeunes vivant avec une déficience des milieux et des activités d’apprentissages où ils pourront s’épanouir et se développer à leur rythme. C’est pourquoi six initiatives ont été mis en place dans nos établissements en réponse aux besoins de cette clientèle.

1. La classe Émergence

L’équipe des services en adaptation scolaire, dont la mission est d’offrir à chaque élève un service individualisé et qui respecte ses capacités, a développé la classe Émergence. Cette classe, située dans l’école primaire De La Pulperie, offre une pédagogie adaptée pour les jeunes présentant un retard grave de développement global associé à une problématique de communication ou qui ont une déficience intellectuelle légère.

Que les besoins soient au niveau du développement cognitif, psychomoteur, langagier, de la socialisation ou de l’autonomie fonctionnelle, chaque élève reçoit un enseignement personnalisé et constamment en ajustement pour suivre l’évolution de son parcours.

2. La classe Harmonie

C’est au cœur de l’école primaire André-Gagnon, située dans l’arrondissement Chicoutimi, que la classe Harmonie a pris racine. Créée afin d’offrir un service de soutien aux élèves du primaire vivant avec une déficience intellectuelle moyenne à sévère, la classe s’est rapidement transformée en milieu de vie avec cuisinette, espace de psychomotricité et un aménagement spécifique aux besoins des élèves pour qu’ils puissent s’y développer.

 

La pédagogie est elle aussi adaptée. Elle s’inscrit dans un programme éducatif qui est axé sur la participation sociale et qui vise l’autonomie et l’autodétermination de l’enfant. Bien que les objectifs d’apprentissages soient spécifiques à chaque élève, les activités proposées dans la classe Harmonie favorisent le développement des compétences suivantes :

  • Communiquer;
  • Exploiter l’information disponible dans son environnement;
  • Interagir avec son milieu;
  • Agir avec méthode;
  • Agir de façon sécuritaire.

C’est entouré d’une enseignante en adaptation scolaire, pour la planification et l’adaptation de l’enseignement, et de techniciennes en éducation spécialisée, en soutien à l’encadrement des élèves, que la classe prend vie. Selon les capacités du groupe, la classe peut aussi fonctionner par ateliers afin de favoriser l’autonomie des enfants qui doivent alors décider par eux-mêmes ce qu’ils veulent faire, avec quel coéquipier, aller chercher le matériel, etc. Pour Audrey Charbonneau, enseignante en adaptation scolaire, la beauté de ce service c’est « qu’on prend le temps de prendre le temps de les aider ».

3. Une école désignée pour les élèves ayant un trouble du spectre de l’autisme (TSA)

C’est l’école primaire Le Roseau, dans le secteur Nord de l’arrondissement de Chicoutimi, qui a été désignée pour accueillir, en plus des groupes du programme régulier, six classes composées de six à huit élèves ayant un TSA. Certains groupes suivent un parcours scolaire plus régulier avec soutien adaptée, d’autres travaillent davantage la stimulation et le développement sensori-moteur et certains sont à l’étape de l’émergence de compétences communicatives, sociales et scolaires. Dans tous les cas, les classes ont des environnements structurés avec des coins spécifiques pour répondre aux besoins particuliers de chaque élève.

La cohabitation avec les élèves réguliers permet de sensibiliser à la différence, à l’empathie et à l’inclusion. Cela développe aussi la communication et les habiletés sociales des jeunes TSA. Ce pont a été fragilisé pendant la pandémie puisqu’il y avait moins de mouvement entre les groupes. Mais cette ouverture à l’autre est au cœur même de l’école Le Roseau et un projet particulier, ayant pour thème «L’empathie physique», vise justement à la ramener.

En effet, pendant 12 semaines, soit de janvier à avril 2022, les groupes TSA accueillent parmi eux l’artiste multidisciplinaire Jonathan Boies. Ce dernier cumule 20 ans d’expérience artistique, en plus d’être clown thérapeutique depuis plusieurs années. « Jonathan est un habitué de notre école, mais à chaque visite, nous souhaitions qu’il reste plus longtemps. C’est pourquoi nous nous sommes tournés vers le programme La culture à l’école, volet L’école accueille un artiste. Il peut ainsi être présent plusieurs fois par semaine auprès des élèves. Ses visites et ses interactions avec les enfants TSA laissent place à des moments uniques qui se produisent rarement. », mentionne Anne-Sophie Desforges, enseignante et responsable du projet.

 

Dans une démarche artistique complète qui fera le sujet d’un court documentaire par la suite, Jonathan Boies a comme objectif de trouver l’étincelle en chaque enfant, de la mettre en valeur et d’arriver à créer un moment artistique avec chaque jeune, mais aussi en groupe. Grâce à ses nombreux talents, il souhaite créer des conditions favorables à l’expression artistique (danse, musique, etc.) des élèves TSA en respectant le rythme de chacun et en devenant leur partenaire créatif.  De plus, les élèves réguliers seront intégrés à différents niveaux dans ce projet afin justement de recréer ce précieux pont entre les élèves.

4. Le Centre Ressources

Au Centre Ressources, on retrouve un service spécialisé pour les élèves vivant avec une déficience intellectuelle moyenne à sévère, une déficience intellectuelle profonde, une déficience physique ou trouble du spectre de l’autisme (TSA) et qui ont besoin d’un encadrement constant. Situé dans l’école secondaire De l’Odyssée/Dominique-Racine, le centre regroupe six classes composées de moins d’une dizaine de jeunes par groupe. C’est un milieu de vie complet qui est offert aux élèves de 12 à 21 ans où l’on retrouve même un appartement et une cuisine afin que les jeunes puissent mieux se préparer à leur vie adulte et à être autonome.

Le Centre de services scolaire des Rives-du-Saguenay met à la disposition des élèves des services d’enseignement en adaptation scolaire, de technicien(ne) en éducation spécialisée, de préposé(e) aux élèves handicapés, d’une conseillère en orientation et collabore avec le Centre de réadaptation en déficience physique (CRDP) pour l’ergothérapie.  Le CRDI est aussi impliqué pour travailler en collaboration avec la famille et le milieu scolaire pour répondre aux besoins des élèves.

 

Pour favoriser la réussite éducative des élèves, trois différents programmes sont utilisés ainsi que des approches pédagogiques variées comme :

  • Jeux de rôle et scénarios sociaux;
  • Approches multisensorielles;
  • Modélisation;
  • Approche TEACCH.

L’objectif premier du Centre Ressources étant de développer l’autonomie des jeunes afin que ceux-ci puissent prendre part à la vie active en société, les apprentissages passent donc aussi par la participation à des ateliers de travail. Les élèves ont accès à un atelier de numérisation en collaboration avec Canmec. Avec Québec Linge, ils défont les moreaux et pièces des vêtements d’uniformes ne pouvant plus être utilisés. Ils fabriquent aussi des tapis tressés avec des sacs de lait pour les personnes sans-abri et bien plus. De plus, plusieurs entreprises ouvrent leurs portes aux élèves en offrant des milieux de stage stimulants. Le Centre Ressources offre donc aux élèves une continuité des services après leur parcours au primaire et permet de développer de nouvelles compétences dans un environnement sur mesure. 

5. Programme Arts : médium d’éducation (AME)

Bien que ce programme soit principalement dédié aux personnes avec une vulnérabilité en santé mentale, quelques adultes vivant avec une déficience intellectuelle peuvent se joindre au groupe et bénéficier d’un soutien au Centre de formation générale des adultes (CFGA). Avec le Programme AME, les adultes travaillent leur insertion sociale, ils vivent des réussites sur plusieurs plans et ils sont outillés pour développer leur plein potentiel.

Les élèves sont accompagnés et guidés dans leur parcours par Éléonore Vidal, enseignante en intégration sociale et art-thérapeute : « À travers l’art, ils peuvent s’exprimer, augmenter leur estime d’eux-mêmes et ça les amène à déterminer leur projet de vie. Au terme de l’année, ils pourront voler de leurs propres ailes ou poursuivre s’ils en ressentent le besoin. » explique-t-elle.  Au programme : aquarelle, journal créatif, cours d’habiletés sociales et bien plus. D’autres services sont aussi offerts en continu au CFGA comme des ateliers de travail et des cours d’insertion sociale.

6. Des projets sur mesure pour les élèves

Depuis les dernières années, la conseillère pédagogique Cécilia Coulombe développe des projets spécifiques pour l’ensemble des classes en adaptation scolaire dont les élèves vivant avec une déficience intellectuelle font partie. Basées sur la pédagogie par la nature, les activités sont préparées en tenant compte des capacités des groupes et, surtout, ont comme objectif de permette à ces élèves de vivre des expériences significatives.

Cécilia, qui accompagne les enseignant(e)s à chacune des étapes, constate la valeur ajoutée de ces projets : « Ces pratiques d’apprentissages différentes où les sorties en plein air sont mises de l’avant font un bien fou autant aux élèves qu’aux enseignant(e)s! On constate des belles progressions dans le développement des élèves, ils réalisent des choses qu’on ne verrait pas si on restait entre quatre murs. Et les enseignant(e)s en redemandent aussi, les activités s’inscrivent maintenant dans la planification scolaire. Ce sont vraiment des projets enrichissants pour tous! ».

 

L’un des projets, Clic l’aventure, vise à offrir des sorties en plein air aux élèves des classes adaptées du primaire et du secondaire. Ces activités leur permettent de développer des compétences en plein air et à favoriser un mode de vie plus actif. Le projet des Petits jardiniers solidaires, quant à lui, fait découvrir aux jeunes le domaine agroalimentaire. Ils apprendront à connaître la diversité des graines, à les associer aux bons légumes, à connaître les besoins des végétaux, à réaliser des semis et à les observer, etc. En plus des activités en classe, des visites aux Fermes Solidar sont prévues afin de mieux comprendre l’agriculture biologique, les élèves mettront la main à la terre en transplantant leurs semis, récolteront des légumes et feront des apprentissages multiples sur place.

 

Pour ce qui est du nouveau projet Corps-Mouvement-Nature (CMN), il se base sur l’importance de la psychomotricité dans le développement de l’enfant. L’objectif ici est d’augmenter le nombre d’occasions où les élèves vivent des expériences psychomotrices positives en nature et dans un environnement sécuritaire. Par cette approche, les jeunes utilisent la nature et tout ce qu’elle a à offrir pour courir, sauter, se balancer, se tenir en équilibre, jouer etc. Le projet se réalise en trois étapes dont les deux dernières sont des sorties extérieures. D’autres projets en lien avec les changements climatiques et l’éducation agroalimentaire débuteront prochainement au Centre Ressources.

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